Jeudi 13 octobre 2011 — Dernier ajout mardi 7 février 2012

L’église de Chelles Enregistrer au format PDF

L église de Chelles
L église de Chelles

Bâti sur la voie romaine (dite Chaussée Brunehaut) qui reliait Senlis à Soissons, le village doit son origine à une Cella, chapelle ou oratoire établi dans ce lieu dans les premiers temps du Christianisme.

Jean de Pierrefonds, vicomte de Chelles, partant vers 1098 pour la Terre Sainte, céda au chapitre de Saint-Gervais de Soissons, tous ses droits sur le vicomté, du consentement de sa femme Frédélinde, moyennant seize marcs d’argent.

La donation n’empêcha pas que la seigneurie ne continuât de relever du château de Pierrefonds jusqu’à la fin du XIIe siècle, temps auquel Agathe de Pierrefonds ayant épousé le comte de Soissons, remit au chapitre ses droits sur la terre de Chelles.

Les rois avaient droit de gîte en ce lieu ; Louis le jeune y renonça, en 1156, en faveur du chapitre cathédral. L’année précédente, au mois de septembre, le même roi avait affranchi les hommes de Chelles qui dépendaient de lui.

En 1275, un arrêt du parlement maintint la justice du lieu à l’église de Soissons contre les prétentions des officiers royaux. Dédiée à Saint Martin, père du monarchisme français et introducteur du christianisme dans la Gaule romaine, l’église a été achevée au XVIe et restaurée au XIXe siècle. Elle comprend une nef, reprise au XVIe siècle et un chœur datant du milieu du XIIe siècle, surmonté d’unélégant clocher avec une flèche en ardoises. Mais c’est surtout la décoration du chevet qui est remarquable : corniches, modillons, encadrement des fenêtres). A l’intérieur, l’abside en cul-de four comme la travée droite du chœur sont voutées d’ogives.

Seul vestige d’une période brillante, une tour au toit conique en pierres, unique rescapée d’un château démoli en 1770, situé vis-à-vis de l’église. Cette construction date probablement du XVe siècle. Tout près du château, au sud, est un lieu connu sous les noms de camp des Sarrasins, cimetière des protestants, fief de Ronquerolles ; on y a déterré, depuis le XVIe siècle, une grande quantité de sarcophages en forme d’auge, d’où l’on a extrait des armures, des armes et instruments de bronze qui paraissaient remonter à l’époque franque.

Chelles semble, d’autre part, avoir abrité à l’époque mérovingienne une villa royale, comme l’attestent les 1775 tombes découvertes en 1863 par J.B. Choron.

Aujourd’hui, autour d’un ruisseau, le Vandy, les maisons typiques, de style Soissonnais, aux toits « à pas de moineaux », ont un charme légèrement suranné, un charme d’aujourd’hui.

François LEBEE