Jeudi 13 octobre 2011 — Dernier ajout samedi 14 avril 2012

L’église de Pierrefonds Enregistrer au format PDF

L église de Pierrefonds
L église de Pierrefonds

Le centre du village se situe non loin de vestiges gallo-romains au mont Berny. Ces habitations auraient été construites au carrefour de la voie romaine Soissons-Beauvais par Champlieu et Soissons-Beauvais par le gué de Compiègne. Le site se trouve à la lisère des marais que recouvrent aujourd’hui la forêt de Compiègne et marque la limite occidentale du Soissonnais que contrôle la peuplade gauloise des Suessions. Au Xe siècle, l’ancien château aurait été détruit. Le nouveau château fut construit plus à l’ouest près de la forêt sur une butte. Le village s’installa à son pied…

Les seigneurs de Pierrefonds établirent leur domination sur une vaste étendue de pays qui devint plus tard une châtellenie spéciale, et ils furent comptés, à juste titre, parmi les plus puissants chevaliers du moyen-âge. Pierrefonds était le chef-lieu de la plus grande des six châtellenie composant le duché de Valois. Cette juridiction comprenait les lieux qui vers les Xe et XIe siècles, s’étaient placés sous la protection des seigneurs de la forteresse, et les terres que ceux-ci avaient concédées à titre de fief à leurs chevaliers et serviteurs.

Il y avait dans le même ressort une autre jurisdiction connue sous le nom d’Exemption ; elle comprenait des domaines ecclésiastiques qui avaient obtenu du roi une dispense ou exemption d’être soumis à la justice de Pierrefonds, pour porter leurs causes devant un prévôt spécial dont le siège était fixé à Compiègne. La prévôté de la châtellenie était considérée comme baillage royal. Ses officiers étaient un lieutenant du bailli, un procureur du roi, un substitut, plusieurs procureurs et huissiers ; elle relevait du présidial de Senlis. Cet état de choses fut modifié par l’édit de septembre 1703 qui créa un baillage en chef à Villers-Cotterêts. La justice de la châtellenie de Pierrefonds fut supprimé et remplacée par une prévôté royale. En mars 1780, le baillage de Villers-Cotterêts fut rétabli, on y transféra la justice de Pierrefonds.

Au XIe siècle, sous Nivelon Ier (mort vers 1072), la seigneurie comprenait une partie des forêts de Compiègne (alors nommée forêt de Cuise) et de Retz, Chelles, Couloisy, Croutoy, Haute-Fontaine, Jaulzy, Saint-Etienne, Retheuil, Montigny-Langrain, Taillefontaine, Mortefontaine, etc…
Louis d’Orléans, second fils de Charles V, établit en 1393 une demeure fortifiée située sur l’emplacement d’une première forteresse élevée par les descendants de Nivelon de Pierrefonds au XIIe siècle. Cette forteresse, proche de Compiègne, resta la propriété de la famille d’Orléans : d’abord Charles, fils de Louis, puis le futur Louis XII, celui-ci, en qualité de duc de Valois, fit rétablir entièrement les fortifications. En 1589 Antoine de Saint-Chamand s’en empara au nom de la Ligue. Il confia le château à un capitaine nommé Rieux qui réussit à repousser deux tentatives d’assaut de l’armée royale, dont celle d’Henri IV en 1593. Le roi Louis XIII dépêcha en 1616 un corps spécial commandé par Charles de Valois pour assiéger Pierrefonds, puis le cardinal de Richelieu demanda la destruction du château. Les ruines de Pierrefonds furent comprises jusqu’à la révolution de 1789 dans l’apanage de la maison d’Orléans, comme dépendances du duché de Valois. Cette grande ruine entra alors dans l’oubli. Napoléon Ier la fit acheter en 1810. Louis-Philippe utilisa en 1832 les ruines du château pour le banquet du mariage de sa fille Louise avec le premier roi des belges Léopold Ier. L’intérêt grandissant pour les ruines romantiques donna à Napoléon III le désir de transformer ces ruines en demeure occasionnelle puis en véritable demeure impériale. Il confia en 1857 la restauration du château à Viollet-le-Duc.

L’église saint Sulpice.
St Sulpice le pieux était Archevêque de Bourges et conseiller de Clotaire II qui le prit comme aumônier et le fit évêque en 624. La première église sur ce site était construite au dessus d’une source, elle tomba en ruine, une autre chapelle fut construite et tomba aussi en ruine.

Vers 1060 Nivelon 1er fait édifier une église collégiale à la place d’une chapelle trop petite et en ruine, dédiée à St Sulpice où il établit un chapitre de chanoines. De l’église romane du prieuré St Sulpice ne subsiste que la crypte de structure bien conservée au dessus du chœur. La source est encore présente. Sur cette fondation romane fut construite l’église supérieure qui a été remaniée à différentes époques. Le lanternon couronnant la masse du clocher porte la date de 1552. La apte de l’église pour la plupart à été détruite par une torpille allemande en 1918. Une restauration importante a été réalisée pour réparer les dégâts occasionnés par les bombardements de la première guerre mondiale.

Le chœur date du XI° siècle et XIII° siècle avec bas-côtés qui se raccordent assez mal aux 2 nefs égales non voutées des XV° et XVI Siècles. Le plan actuel est assez particulier dans la mesure où la position du clocher déroge sensiblement des plans traditionnels. Situé non en façade ou à la croisée d’un transept, celui de Pierrefonds est au bout de la nef gauche et a certainement été édifié avant celle-ci (au XIII° Siècle). Les fenestrages aveugles que l’on peut voir, dont les proportions et le décor sont du XIVe ou XVe siècle, n’ont été réalisés que pour établir une certaine symétrie entre les deux nefs. Dernier ajout remarquable le, lanternon couronnant la masse du clocher daté de 1552, construit sur le mode Italien de la Renaissance il comprend une cloche dédiée à Marie mère de Dieu, mise en place en 1574.
Dans le bas-côté gauche du chœur se trouvent trois tableaux à fond d’or de la vierge à l’enfant de l’école florentine du XV° siècle. Ils étaient probablement peints par les peintres de l’école de Giotto, en paiement pour leur hébergement et nourriture pendant le trajet au pays bas pour apprendre les nouvelles techniques à l’huile pratiquées par les écoles hollandaises. Ces œuvres ont été offertes par une vielle famille de Pierrefonds.

Principalement sur la face Nord, à l’extérieur, on trouve des rangées de bâtons gravés dans la pierre. Ce sont des marques correspondant aux pèlerinages de familles. Chaque groupe de stries figurait donc les membres d’une même famille dont on avait célébré les funérailles en ce lieu. Les quelques pierres tombales encore visibles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur (y compris la grande pierre noire, posée à l’envers inscription face contre terre, au seuil du portail principal, sont les témoins des inhumations faites dans l’église. Les registres d’état civil du XVIIè siècle notent que de très nombreuses personnes, de toutes conditions, ont été inhumées ici (plusieurs centaines…).

François LEBEE