Mardi 19 septembre 2017 — Dernier ajout jeudi 21 septembre 2017

-* 24 ° DIMANCHE TEMPS ORDINAIRE ANNEE : A Enregistrer au format PDF

L’Evangile de ce dimanche fait suite à celui de la semaine passée sur la correction fraternelle. Nous venons d’entendre un échange entre l’Apôtre Pierre et Jésus sur la délicate question du pardon fraternel. Comment entrer nous aussi en dialogue avec le Seigneur sur cette question toujours actuelle ?
La première porte par laquelle nous choisissons spontanément d’entrer dans ce dialogue est la même que Pierre ; celle du ras le bol : « il y en a assez ! » ; la limite est atteinte ou franchie par la personne qui m’a fait du tort, je baisse les bras ! Pierre reconnait ainsi les limites de son propre cœur à faire face au mal fraternel répété même s’il est banal et non vital. Dans les colères ou blessures familiales il est rarement question de vie ou de mort, il est juste question de vie quotidienne, des petits côtés que nous avons tous et des déceptions récurrentes qui expriment un amour déçu !
Cette porte Jésus l’emprunte quelques instants pour répondre à Pierre en lui donnant un chiffre symbolique. 70 fois 7 fois. Je ne m’attarde pas sur les commentaires nombreux que nous pourrions tirer de cette numérologie mais Jésus multiplie la problématique au point de la rendre impossible. Donc pour le Christ la question de Pierre est mal formulée, il s’agit d’une voie de garage.
La seconde porte sur le pardon fraternelle est ouverte par le Christ au travers d’une parabole qui pourrait se définir comme une nécessaire « prise de conscience ». L’homme doit prendre conscience qu’avant l’offense fraternelle bien réelle qui nous met tous en pétard, il y a une offense infiniment plus grande, celle de la créature faite à Dieu. Dans cette perspective la dette dont le serviteur est redevable envers son maître en immense en comparaison de la dette entre les deux serviteurs. La conversion proposée par Jésus ne consiste donc pas à devenir plus fort pour mieux pardonner, mais à regarder la nécessité du pardon fraternel à la lumière de l’infinie miséricorde de Dieu à mon endroit. Il faudrait bien évidement développer
Pour conclure, je propose de tirer les conséquences du regard de Jésus :
1) Je ne peux pas trouver la force en moi de pardonner toujours donc
2) Je dois regarder le pardon que Dieu me fait pour trouver en Dieu la force de faire de même envers mon frère ; pour moi c’est mieux mais toujours pas suffisant
3) Il me semble que l’ultime lumière est objective pas subjective comme le commentaire que je viens d’en faire. Jésus ne propose pas seulement de changer de perspective, il demande de changer de point de départ sur le pardon. Jusque-là nous sommes restés centrés sur nous même si je suis invité à regarder mon frère dans la perspective de Dieu. La vraie révolution du regard du Christ réside dans la vie éternelle. En effet, à la lumière de l’éternité tout sera remis et parfait, donc si j’adopte sur terre une attitude de pardon permanent envers mon frère, je suis dans une posture d’éternité et donc de victoire de l’amour. Quand sur cette terre, une guérison du cœur est donnée et obtenu par le biais d’un pardon et bien c’est la victoire du Ressuscité qui se manifeste, la victoire de la charité !

En note :
St Jean Chrysostome : 70x7 fois exprime l’absence de limite
St Augustin : 70x7 fois se sont les jours de la semaine ou s’accomplissent les 10 préceptes du Décalogue ; je rajouterai x 7 et donc avec la plénitude de l’Esprit Saint
10 000 talents Biblique du temps de Jésus : entre 1 milliard 600 millions et 2 milliard 100 millions €
100 denier : entre 2800 et 3500 €

Père Jean Frédéric
Curé modérateur

Paroisse de la Vallée de l’Aisne
7 Ter, rue du Docteur Moussaud
60350 CUISE LA MOTTE