2 Di T O An B France Culture Enregistrer au format PDF

Lundi 15 janvier 2018
Mot accueil « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ! » En ce dimanche, en direct de l’église paroissiale Saint Médard d’Attichy mettons-nous à l’écoute de Dieu comme nous invite à le vivre le passage du livre de Samuel : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ! » Notre assemblée s’unit aux prières de tous les auditeurs qui nous rejoignent et nous offrons au Seigneur ce temps qui lui est consacré ! Nous venons depuis quelques jours d’entrer dans une année nouvelle, nous y prenons volontiers de petites résolutions, nos vœux ne l’expriment-ils pas ? Nous désirons rendre meilleure cette année 2018 qui commence en envisageant des changements, en les espérant aussi. Allons plus loin voulez-vous ; dépassons la persuasion de nos désirs et laissons le Christ lui-même s’inviter dans notre quotidien et présentons-lui nos vies telles qu’elles sont !

Homélie

Il y a quelque chose de fascinant quand on lit la Bible : « elle parle, elle me parle ! » Bien souvent même nous faisons cette expérience qui émerveille : « j’ai l’impression que ce texte a été écrit pour moi ! » Je vous propose d’en faire l’expérience encore ce matin en méditant ensembles les textes de la liturgie de ce dimanche. Mais tout d’abord commençons par un constat et soyons francs ! « Dieu déçoit » ! Il déçoit plein de gens : les croyants, les mal croyants, les incroyants eux-mêmes ! « Dieu déçoit » : mais qu’est-ce que cela veut dire ? Disons-le comme cela, il n’est pas là ou je l’attends, oui Dieu semble ne pas être là pensons à (la maladie d’un enfant, à un deuil d’un jeune parent, à un accident de car scolaire, à un innocent condamné, etc. La liste pourrait être longue). Quoi qu’il en soit, Dieu se voit affublé de la déception des cœurs qui souffrent, des vies qui peinent, des misères des hommes sous toutes ses formes ! Regarder Dieu avec déception n’est ce pas prendre le risque de le rater quand on a rdv avec lui ? Cela vaut la peine de s’interroger, alors ce matin au moins laissons la déception de côté si elle est là et entrons dans l’émerveillement de la Parole sacrée. Je vous propose de suivre le chemin de deux textes de ce jour, la première lecture et l’Evangile. Dans ces passages Dieu vient à la rencontre de l’homme et à quelques centimètres prêts (pardonnez moi l’expression) ils ont failli se manquer. Dans la première lecture nous sommes plongés dans l’intimité d’un temple c’est la nuit, c’est un peu mystérieux tout cela. Deux figures sont présentes : un jeune enfant prénommé Samuel et un vieil homme, un prophète, un sage du nom d’Elie. Deux personnages en forme d’archétype : l’enfant, le vieillard ; le disciple et son maître. L’histoire commence ! L’enfant est réveillé par une voix qui l’appelle par son prénom : « Samuel, Samuel ! » ; vous connaissez la suite, non pas une fois, deux fois mais trois fois cela va se répéter : « Samuel, Samuel ! ». Tant de choses auraient pu mal tourner ; Samuel se bouchant les oreilles, le vieillard se mettant en colère agacé par le blague de son apprenti ! Rien de tout cela, bien au contraire une magnifique rencontre va se produire pour l’enfant, un tournant dans sa vie et le vieil homme qui le garde en est pour quelque chose. Dans sa paternité Elie accompagne Samuel et par un simple conseil permet à celui-ci de vivre une authentique rencontre avec Dieu : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ! ». On peut déceler deux qualités qui sont mises en évidences : la persévérance de l’enfant et la douce patience du vieil homme ; la persévérance de l’enfant et la douce patiente du vieil homme. Tous les deux sont un peu exemplaires mais ils dévoilent dans leurs postures respectives les qualités nécessaires pour rencontrer Dieu. Je les nomme à nouveau : la persévérance et la douce patiente ! Je crois qu’il faille unir les deux : être persévérant sans la douceur on devine où cela mène, à la dureté ; être patient sans rien faire, il y a un autre mot pour cela, l’oisiveté ! On pourrait résumer ce passage du premier livre de Samuel par cette expression : « Dieu se donne à entendre ! » ; n’est-ce pas le premier enseignement de la Révélation de l’Ancien Testament : « Dieu se donne à entendre ! » Retenons cela attentivement. Empruntons maintenant le chemin de l’Evangile ! La scène est différente, il fait jour, le lieu est désertique et sûrement proche coule la petite rivière du Jourdain, l’évangéliste ouvre là de vastes espaces. Trois, puis quatre personnages surgissent ; d’abord Jean, Jean le Baptiste accompagné de deux ses disciples et puis Jésus lui-même en dernier ! La première parole du texte n’est pas celle du Christ mais du Baptiste, parole célèbre on ne peut plus reprise à chaque Eucharistie : « Voici l’Agneau de Dieu ! » Pas de répétitions, une parole sous forme d’énigme et voilà nos deux disciples de Jean se mettant à suivre cet homme désigné comme Agneau ! Que s’est-il passé ? Ce qui semble important plus encore que ce qu’ils ont entendu c’est ce qu’ils ont vu. Ils voient, cela veut-il dire qu’ils comprennent ? Non, clairement pas, puisqu’ils suivent désormais un autre maitre dont ils ne connaissent même pas encore le nom : « Maître ou demeure-tu ? » André et l’autre disciple suivent Jésus, ce qui leur importe désormais c’est d’être avec lui, de rester dans son intimité, ils apprendront plus tard à le connaître ! « Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : Que cherchez-vous ? » Voilà la question, c’est Dieu qui la pose et pour cela il est face à l’homme, il le regarde, il est pleinement présent à son existence, il interroge sa liberté ! La première rencontre de Dieu et de l’homme s’effectua dans un jardin luxuriant, le paradis de la terre ; l’ultime rencontre de Dieu et de l’homme s’effectue dans la nudité d’un désert ou l’on se demande ce que l’homme est venu y chercher ? Dans le jardin de la Création comme dans les déserts de chaque époque le Christ n’a de cesse que de laisser voir son visage à ceux qui commencent à le suivre pour leur indiquer le chemin vers le Père. On pourrait résumer ce passage de l’Evangile de Jean par cette expression : « Dieu se donne à voir ! » ; n’est-ce pas l’ultime enseignement de la Révélation du Nouveau Testament : « Dieu se donne à voir ! » Retenons cela attentivement ! Je vous disais en introduisant cette méditation, la Bible parle, la Bible me parle ; n’est ce pas le cas au travers de ces petits passages rapidement commentés ? Dieu me cherche et pour cela il demande le concours d’autres hommes mes frères pour me conseiller sur la route de la foi. Des écueils existent bel et bien, parfois il devient difficile d’entendre ou de voir Dieu car un évènement éprouvant détourne de l’écoute et de l’attention. Dans les textes entendus Dieu fait clairement confiance à Elie son prophète tout comme au Baptiste. Ces hommes n’étaient pas parfaits, ils étaient d’authentiques disciples. Chers frères et sœurs, il semble au final que les textes de ce dimanche nous invitent à accepter la condition de disciples, de fils. En empruntant ce chemin humble, modeste, le disciple sans s’en apercevoir deviendra un maître, un père pour les plus jeunes si assoiffés de Dieu. Ma prière va dans ce sens ; nos prières peuvent sans aucun doute enrichir notre cœur afin que chacun y trouve sa voix, son chemin vers le Père. « Parle Seigneur, ton serviteur écoute » ; « Maître ou demeures-tu ? ». Amen

Documents à télécharger